Lettres et Tice

Portfolio profesionnel

La plagiat (2ème partie) : Des activités pédagogiques

Il n’en reste pas moins qu’au delà de la surveillance, il y a matière à des activités pédagogiques pour le professeur de français au lycée.

1. Expliquer en quoi le plagiat pose problème

On peut expliquer dans un premier temps, et ça me semble nécessaire, pourquoi plagier n’est pas bien. Plagier c’est tricher et donc injuste envers les autres. Plagier, c’est voler. Il faut alors discuter de la propriété intellectuelle et de ce que cela signifie de posséder un texte. Plagier c’est se faciliter le travail à la maison. Or celui-ci sert à comprendre et à apprendre. En particulier, pour le français, il ne fait jamais de mal d’expliquer à des lycéens pourquoi écrire est important. Quand je donne un travail à faire à la maison, j’explique certes la tâche à accomplir, mais également ce à quoi ce travail va servir. Il faut donc expliquer le gain futur par rapport à l’effort fourni. De la même façon, on peut expliquer qu’apprendre à ne pas plagier est important pour la suite de leurs études et de leur carrière professionnelle. Enfin, en ce qui concerne la citation des sources, on peut expliquer en quoi citer ses sources, c’est renforcer l’autorité de ce qu’on écrit.
Certains enseignants font signer des contrats de non-plagiat à leurs élèves, de la même façon qu’on fait signer des contrats de classe au collège. Cette formalisation peut avoir un effet symbolique.

Je trouve intéressant, pour le cadre du cours de français, que ces idées fassent appel à la notion d’auteur. Mais j’y reviendrai une autre fois.

2. Apprendre à trouver et utiliser l’information

Le point de départ de tout cet article, c’est cette ressource du Service de bibliothèque de l’UQAM que j’ai découvert dans mon lecteur de flux RSS : Comment éviter le plagiat.1 Je me suis demandé comment je pourrais l’utiliser avec des élèves et ce que je faisais déjà à ce sujet.
Il me semble donc qu’il est nécessaire d’apprendre aux lycéens à :

- Trouver et évaluer les sources d’informations.
En ce qui concerne la recherche d’information, je propose une séance de module en début d’année pour évaluer leurs compétences, leur apprendre à diversifier leurs sources d’information en utilisant les ressources du CDI. On peut également distribuer une fiche comme celle que l’on trouve dans le Manuel de survie à l’usage de l’enseignant de François Muller.2. On trouvera des informations très complètes sur le site de Savoirs CDI, en particulier dans la rubrique Recherche Documentaire.3
En ce qui concerne l’évaluation des informations, je trouve que la liste élaborée par Robert Harris et à laquelle il a donné le nom de CARS (Credibility, Accuracy, Reasonableness, Support ; Crédibilité, Exactitude, caractère Raisonnable, Soutien) est intéressante à exploiter avec des élèves. On trouvera de plus amples explications en lisant cet article : Evaluating Internet Research Sources.
Il faut en particulier, selon moi, apprendre aux élèves à utiliser l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Je trouve que l’utilisation que les étudiants américains font de cette encyclopédie en ligne (d’après cette étude : How today’s college students use Wikipedia for course–related research) rejoint celle que je propose à mes élèves. Je leur conseille de s’en servir pour avoir une idée rapide d’un sujet afin ensuite d’en faire une base pour une recherche plus approfondie.

- Utiliser les informations en apprenant à citer et à paraphraser
Pour éviter le plagiat, il est nécessaire d’apprendre aux élèves à citer et à paraphraser les écrits auxquels ils veulent faire référence. Or, il est évident que depuis la disparition de l’épreuve de résumé-discussion du bac de français, on enseigne nettement moins ces méthodes au lycée.
Distinguons donc deux niveaux de présence du texte d’autrui dans son propre texte :
- la citation : elle fait déjà l’objet d’un apprentissage dans le cours de français dans le cadre du commentaire et texte ou de la dissertation. On pourra également se référer à l’animation d’InfoSphère présentée au début de cette partie.
- la paraphrase : elle consiste, pour reprendre la définition donner sur le site InfoSphère, à “reprendre dans ses propres mots les idées d’un auteur”.4 Il ne s’agit pas de changer quelques mots ici ou là en les remplaçant par des synonymes, mais de “réécrire le passage” en changeant également les “structures de phrases.” Cela suppose que l’élève possède une méthode qu’il faut lui enseigner. Infosphère donne quelques conseils et exemples sur sa page consacrée à la paraphrase.
Il est bien sûr possible de combiner les deux. Enfin, même dans le cas de la paraphrase, il est indispensable de citer la source.
Il s’agit en tout cas d’une manipulation complexe de la langue qui demande un apprentissage spécifique et j’avoue ne pas passer suffisamment de temps à le faire en classe.

- constituer une bibliographie
Sans exiger une précision et des normes universitaires, on peut demander au lycée que soient citées les sources des informations utilisées dans les travaux de recherche. Je donne quelques règles simples : préciser le nom et le prénom de l’auteur, le titre du livre, l’année de publication, l’adresse du site le cas échéant. L’idéal, mais j’avoue ne pas l’avoir fait avec des élèves, serait de leur faire utiliser une bibliographie déjà constituée pour leur montrer à la fois l’utilité de cet outil et ses règles de présentation. Cela dit, j’ai pu constater qu’ils ont l’habitude de se servir au moins des liens à la fin des articles de wikipedia.
Rappelons enfin que réaliser une bibliographie comprenant des documents d’origine numérique est une des compétences à acquérir pour obtenir le B2i lycée.

3. “Les nouvelles technologies nous ont condamnés à être intelligents”, Michel Serres.

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Malgré tout, je pense qu’internet nous force à modifier ce qu’on demande aux élèves. Dean Groom est plutôt radical dans ce qu’il écrit du sens de la morale de l’internet chez les élèves dans la seconde partie de son article Creativity, Curiosity, Consideration, Consistency Part 2 : “Students are by and large not interested in the laws, ethics or morality of the internet. To them the price point is zero and everything is there for the talking. […] They just want to get the ‘best’ or ‘right’ answer and know that they stand a better than average chance of finding it on Wikipedia.”
Mais je suis convaincu qu’il a raison quand il écrit : “Getting the right answers is not as important as asking a better question. The internet has so much information, that pushing students questions into the deepest corners of ‘web knowledge’ is critical – things they won’t find on the first page of Google.”

- Il y a quelques années, j’avais vu passer sur la liste de diffusion Profs-L un message d’un collègue qui étudiait avec ses élèves des corrigés trouvés sur internet pour leur montrer les qualités et surtout les défauts de ce type de devoir. Dans cet article du blog TeachPaperless, Five Ways to stop Cheating, l’auteur propose l’activité suivante à ses élèves :”Having problems with students cutting and pasting from the Internet? Try this: Have students write short essays that are completely cut-and-pasted. Then have them trade essays with classmates. The assignment is to identify where each of the cut-and-pasted parts come from and to give an assessment of the site or page from which each source was stolen.” Je n’ai jamais essayé de telles techniques, parce que je les considère comme extrêmement demandeuses de temps par rapport au résultat lui-même.

- En général, les devoirs écrits que je donne à faire à la maison font partie de l’évaluation formative. S’ils sont évalués, tous ne sont pas notés. De plus, quand ils sont notés, je les fais souvent commencer en classe. Je pense en effet qu’une partie des élèves se tourne vers internet non par simple facilité, mais parce qu’ils sont perdus face à la tâche à accomplir. Commencer le devoir en classe permet de répondre aux premières difficultés. De plus, on sait dans quelle direction se dirige l’élève, ce qui permettra ensuite de comparer ce qu’il a fait en classe avec le devoir qu’il rend. Si, par exemple, un élève a mis au point une problématique pour une dissertation ou un commentaire composé, il devient ensuite plus difficile de recopier un devoir trouver en ligne. A moins que l’élève change de problématique, mais alors on peut lui demander de justifier ce changement.

- Dans l’article Diigo Teacher Accounts, Richard Byrne relate son expérience de l’utilisation de Diigo avec ses élèves. Il constate que grâce à la fonction de surlignage de Diigo, ses élèves ne se contente plus de copier en survolant le texte, mais qu’ils le lisent réellement.6 Même si je ne connais pas bien Diigo, je suis curieux d’essayer pour voir si cela améliore les recherches des élèves.

- J’ai enfin apprécié les activités proposés dans un article des Cahiers Pédagogiques.7 L’auteur, Chantal Dulibine, demande à ses élèves d’écrire un petit texte réflexif au moment où ils rendent leur devoir. On trouvera dans l’article plusieurs exemples de commentaires demandés par le professeur autour des devoirs d’écriture d’invention ou de dissertation, ainsi que quelques exemples de commentaires faits par les élèves.

Dès que j’ai un peu de temps, je mettrai en ligne une récente séquence de cours mettant en oeuvre des éléments de recherche documentaire et un travail sur la plagiat.

  1. Comment éviter le plagiat, service de bibliothèques de l’UQAM, http://www.bibliotheques.uqam.ca/ []
  2. MULLER, François, Manuel de survie à l’usage de l’enseignant, http://francois.muller.free.fr/manuel/index.htm []
  3. Savoirs CDI, CNDP, http://blog.savoirscdi.cndp.fr/ []
  4. Infosphère, Service des Bibliothèques de l’UQAM, http://www.bibliotheques.uqam.ca/InfoSphere/ []
  5. Si vous ne l’avez pas encore vue, je vous invite à regarder cette conférence passionnante de Michel Serres. []
  6. While observing my students using Diigo, I noticed that they were actually reading the site and highlighting the information they wanted to keep. This was different from previous years where they just copied blindly”, Diigo Teacher Accounts, in Free Technology for Teachers, http://www.freetech4teachers.com/2010/02/diigo-teacher-accounts.html []
  7. Les Cahiers Pédagogiques, n°468,décembre 2008, http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article4115 []
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Plagiat (1ère partie)

Le problème du prof de français au lycée

Sans doute comme tout professeur de français au lycée je suis confronté au problème récurrent du plagiat.

Cela m’a tout d’abord frappé, à l’occasion de lectures cursives données à la maison. Je me suis vite rendu compte que certains élèves ne se donnent plus la peine de lire les livres, mais se contentent de résumés piochés ici ou là. Cela donne de jolis résumés entièrement recopiés à la main pour les plus courageux, vaguement mis en page pour les autres. J’ai même eu un élève qui m’a projeté directement dans une scène des 400 coups en m’affirmant qu’il n’avait pas copié mais appris par coeur une présentation trouvée sur internet.
De façon plus général, tout travail de français donné à faire en dehors du cours devient l’occasion d’une recherche passionnée de la solution sur internet. Pour le professeur, cela se traduit par une recherche non moins passionnée de sujets d’écriture dont la solution ne se trouve pas sur internet.
Enfin, quand il s’agit de travaux de recherche documentaire, on atteint les sommets du “copier-coller”.

Le problème n’est bien sûr pas nouveau1, mais indubitablement, internet a facilité la mise en ligne et l’accès à ces informations. Gratuits ou payants, les corrigés de devoirs abondent, mis en ligne soit par des élèves, soit par des professeurs bien attentionnés qui mettent à disposition de leurs élèves des corrigés sur leur blog pédagogique et les documents trouvés en ligne invitent à la paresse du simple plagiat.

Surveiller et punir

En commençant l’année, j’ai directement affronté le problème sans attendre le premier devoir pour sévir. J’ai donc averti les élèves qu’internet recelait une source d’informations importantes qu’ils étaient invités à utiliser, mais qu’ils n’étaient pas autorisés de recopier des devoirs entiers. J’ai également souligné combien il était simple de détecter le plagiat, justement grâce à internet, et que tout coupable serait sévèrement sanctionné.

Il existe en effet une multitude de services qui permettent de vérifier si les devoirs des élèves sont plagiés.
Turnitin
PaperRater
The Plagiarist Checker
 Plagium

Cependant, il ne semble pas qu’il faille se fier aveuglément au jugement de ces logiciels. A la lecture de cet article de eCampusNews, Study questions plagiarism-detection software, on est amené à faire preuve de prudence. En effet, ces logiciels révèlent de nombreux faux-posititifs ; la faute n’en est cependant pas aux logiciels eux-mêmes, selon leurs constructeurs, mais aux attentes trop élevées de leurs utilisateurs. Ces logiciels ne servent pas à détecter les plagiaires, mais à trouver des correspondances entre des textes et leur base de données. Il est donc nécessaire d’étudier de près les rapports générés par ces logiciels avant de condamner un devoir.

Le plus simple reste pour moi de faire une recherche sur Google d’une expression qui semble particulièrement suspecte dans une copie d’élève en la plaçant entre guillemets. Le niveau d’expression écrite s’améliorant soudainement au détour d’une phrase, il est très simple de faire une brève recherche grâce au moteur de recherche.

Après une ou deux sanctions données à quelques élèves de chaque classe, le nombre de plagiat semble diminuer nettement (à moins qu’ils n’améliorent leurs techniques). Cependant, je pense que la surveillance et la punition ne peuvent suffire, mais qu’il est également nécessaire de mettre en place des activités et de modifier mes pratiques pédagogiques concernant les devoirs de français.

image : wikipedia

  1. voir l’article de Rebecca Moore Howard and Laura J. Davies, Plagiarism in the Internet Age, dans le volume 66, numéro 6 de mars 2009de Educational Leadership []
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La page « réseaux sociaux » de ce blog

Librarything

Suite aux billets précédents sur le partage de lecture sur les réseaux sociaux, j’ai ouvert un compte sur Librarything, afin de voir un peu la façon dont fonctionne ce service. L’inscription est très simple, mais, à part l’ajout de quelques livres que je suis en train de lire, je ne l’ai pas encore vraiment utilisé.
Je me suis dit qu’il serait intéressant de voir si je pouvais publier une trace de ces lecteurs sur ce blog. Il existe un widget qui permet de facilement publier des données de son compte sur un blog wordpress.

Mais je n’avais pas envie d’occuper trop de place sur la page d’accueil du blog. J’ai donc cherché un moyen de publier ces informations sur une page.

Du Librarything dans une page WordPress

Voilà la méthode que j’ai utilisée pour créer la page “réseaux sociaux de ce blog”

  • Tout d’abord, j’ai créé une page sur mon blog.
  • J’ai ajouté l’extension aggrr sur mon blog wordpress, afin de pouvoir facilement insérer des flux RSS dans des pages.
  • Ensuite j’ai récupéré le flux rss de mon compte Librarything. Pour cela, j’ai été sur la page “profil” de mon compte, puis en bas, j’ai trouvé les liens qui m’intéressaient.

    J’en ai ensuite copié l’adresse.
  • J’ai enfin copié ce morceau de code dans ma page

    Attention, il ne faut pas être en mode “visuel”, mais “html”.

Ajouter des flux Del.icio.us

Pendant que j’y étais, j’ai profité de l’installation du plugin aggrr pour publier mes flux del.icio.us. La démarche est quasiment la même.

  • Il faut d’abord créer un mot-clé (tag) qui sera associé à toutes les pages del.icio.us qu’on souhaite voir publier sur le blog. J’ai choisi le mot-clé lettrestice.
  • J’ai ensuite récupérer le flux RSS correspondant à ce mot-clé.

  • Puis j’ai ajouté une ligne de code dans ma page.

Et voilà !

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Rendre la lecture sociale

Au hasard de recherches pour écrire un billet sur le plagiat dans les copies d’élèves, je suis tombé (vive la sérenpidité ! ) sur un dossier de la revue Educational Leadership concernant la lecture : Reading to Learn.

Loin d’avoir tout lu, mon oeil a été attiré par cet article (Can’t Get Kids to Read? Make It Social) qui me semblait faire suite au billet précédent, Echanger sur des lectures.

L’auteur, William M. Ferriter, y explique comment il utilise Diigo, un service de marque page en ligne, pour inciter ses élèves à lire des textes. La perspective est assez proche de celle que l’exposais dans mon billet puisqu’elle repose sur l’idée que “les jeunes d’aujourd’hui sont attirés par les opportunités qui leur sont offertes d’interagir les uns avec les autres. Les conversations - qu’elles soient commencées sur Facebook, à travers des messages, ou dans les couloirs - jouent un rôle central dans la vie des adolescents.

Contrairement à d’autres services de marque-page en ligne (par exemple, comme del.icio.us), Diigo permet non seulement d’échanger des marques-pages et des mots clés aux textes lus, mais également d’ajouter commentaires. Ces commentaires seront visibles aux autres lecteurs. La suite du cours lui-même est précisée dans le reste de l’article.

Je pense que cette démarche mérite d’être essayée. Reste à trouver une occasion de le tester.

Image : spakattacks

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Échanger sur des lectures

Une découverte récente de plateformes déjà ancienne : les réseaux sociaux d’échange à propos des livres.

J’ai découvert récemment, par l’intermédiaire de ce billet de D.S. Watt sur son blog, teachwatts, l’existence de Shelfari.

J’aime bien l’idée et l’ergonomie du site shelfari.com : les lecteurs peuvent échanger à propos de leurs lectures, écrire des critiques, voir ce que les autres ont lu… L’idée n’est bien sûr pas nouvelle, mais les potentialités du type “réseau social” du site sont vraiment intéressantes.
Je suis surpris d’être passé complètement à côté de ce genre de réseau social autour des livres, alors qu’il en existe un grand nombre et que La Feuille ou eBouquin, que je suis régulièrement, s’en sont fait l’écho à de nombreuses reprises. On peut voir par exemple ce billet un peu ancien qui en recense un grand nombre : “L’explosion des librarything like”, ou celui-ci un peu plus récent : “Besoin d’aide pour votre prochaine liste de lecture”.

Questions sur l’utilisation de ces plateformes en classe

Avant de lancer mes élèves là-dedans, je me pose toutefois quelques questions :

L’anglophonie dominante :

La première question que je me suis posée pour une utilisation en cours est celle de la langue, d’une part la langue de l’interface, et d’autre part la langue de ceux qui inscrits à ces sites. Pour en avoir fait le test, utiliser des sites avec une interface en anglais pose de réels problèmes, même à des élèves de lycée. De plus, si les échanges se font essentiellement en anglais ou à propos de livre en anglais, je ne vois pas vraiment l’intérêt pour mes élèves. Mais des sites comme babelio.com ou librarything.fr ont une interface en français et semblent avoir pas mal d’inscrits francophones.
Et fouillant dans mes flux RSS, je vois un billet de La Feuille (Myboox pour mettre mybooks) qui annonce l’ouverture par Hachette d’une plateforme de ce type : myboox.fr.

Ecole et librairies :

En même temps, cette dernière découverte m’a amené à m’interroger sur le bien-fondé d’utiliser de telles plateformes avec des élèves. Mybook appartient à Hachette et je lis qu’Amazon possède Shelfari et  AbeBooks LibrayThing . L’aspect éventuellement commercial de tels sites me pose problème en tant qu’enseignant.

Vie privée et école :

De plus, ces sites demandent une inscription : il est donc nécessaire que chaque élève fasse cette démarche, confie des données personnelles à des sites à la demande de l’école, et cela ne me plaît pas.
Quand je vois dans cet article (Shelfari: when usability and ethics collide), les problèmes rencontrés par des utilisateurs en ce qui concerne l’utilisation de leur carnet d’adresse, je ne peux qu’émettre de sérieuses réserves.

Développer un réseau similaire au sein de la classe :

Je suis donc en train de réfléchir à un moyen de m’inspirer de l’idée pour créer un espace d’échange pour le cours de français. J’aimerais réussir à faire quelque chose qui me permette de :

  • faire la liste des livres qu’on lit ou qu’on a lus
  • faire des critiques ou noter les livres.
  • voir ce que les autres lisent, ont lu, pensent de leur lecture
  • créer des groupes
  • échanger sur les livres
  • trouver d’autres livres à partir d’un système de recommandation

Je pense que cela ne va pas être évident à mettre en place, mais je me dis qu’avec un réseau de blogs comme buddypress, cela doit être faisable.
Il est évident que je perds un aspect intéressant de ces sites : le nombre des participants. Sans doute, je n’arriverais jamais à produire un tel niveau d’interaction et d’ergonomie, mais j’espère toutefois augmenter l’intérêt pédagogique du projet. A voir par la suite.
Je veux éviter également la dispersion des différentes activités des élèves sur des sites ici ou là. Je pense qu’une plateforme de blogs permettrait de réunir leurs différentes interventions.

En tout cas, si quelqu’un a des conseils ou des idées, ils sont les bienvenus.

Images :
Bibliothèque de Prague : jose.martinezmunoz
Pratt Library Wordle 2: books and shapes and more : Enoch Pratt Free Library

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Pourquoi créer un « carnet collaboratif de vocabulaire »

La quantité de lexique possédé par les élèves qui arrivent au lycée ne leur permet que difficilement de lire les textes proposées dans de bonnes conditions. Ne pas connaître un mot pose problème, mal le connaître également. Ce qui est gênant dans l’étude d’un texte en classe, devient un obstacle bien plus important  quand les élèves sont confrontés à la plus grande solitude de la lecture cursive.  Comment travailler le lexique au lycée ? Je proposerai quelques pistes de réflexion sur l’écriture d’un lexique collaboratif.

1. Acquérir du vocabulaire : une tâche sur le long terme :

Acquérir du vocabulaire prend du temps, et, quelle que soit ma volonté de faire tenir à mes élèves des carnets de vocabulaire, et ma motivation et la leur s’émousse au cours de l’année.  Un tel apprentissage est à la fois énorme et lent. Je me dis qu’avec un travail collaboratif, en utilisant par exemple un wiki, on pourrait amoindrir le travail de chacun et le rendre plus efficace.
Je pense à un système de création collaborative de carnet de vocabulaire. A chaque texte étudié, les élèves seraient invités à compléter un carnet de vocabulaire commun, qui s’enrichirait du travail de chacun.

2. Motivation et évaluation

Je suis revenu du temps où je pouvais dire que la nouveauté de l’informatique était en soi une source de motivation. Bon, ça l’a été un moment, mais c’est bien fini. Mais je pense qu’un projet collaboratif peut motiver des élèves.
Ne nous faisons pas d’illusion : tous les élèves ne s’investiront pas dans le projet. D’abord pour des problèmes de matériels et de compétences informatiques, d’autre part par manque d’intérêt. Mais, je pourrais toujours utiliser les vieilles méthodes : évaluer. Actuellement, quand en classe on étudie un texte, je prends assez souvent le temps de faire prendre en notes quelques mots avec leur définition. Charge à l’élève d’avoir son carnet avec lui (sinon, il doit faire en sorte de recopier cela chez lui). J’évalue donc de temps en temps le vocabulaire d’une séquence de cours.
Ici, on pourrait prévoir une double évaluation : je peux valoriser la participation de chacun à la création du carnet et évaluer régulièrement après apprentissage.
Reste toutefois le problème soulevé plus haut : le fossé informatique entre les élèves, et là, je n’ai pas de solution.

3. Et des exercices ?

Au delà de l’impact éventuel sur la motivation, je pense que passer par l’informatique permettra une réutilisation plus aisée des informations collectées. Par exemple, il sera possible de créer des exercices interactifs qui soutiendront l’apprentissage.

Bref, je pense que je crois que je vais creuser un petit plus l’idée dans les semaines à venir et réfléchir davantage sur les outils à utiliser et voir dans quel cadre précis je pourrais arranger un tel projet.

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