Lettres et Tice

Portfolio profesionnel

Liens hypertextes, citations, champs personnalisés, etc

Le droit des liens hypertextes

Suite aux articles sur le plagiat, je me suis posé des questions sur les liens hypertextes que j’utilise dans ce portfolio. Fallait-il en faire une note de bas de page ? Avais-je le droit de faire un lien vers n’importe quel site ?
Au fil de mes lectures, je me suis rendu compte que la question était ancienne et qu’elle ressurgit fréquemment. Si au début de l’internet, la netiquette conseillait d’avertir l’auteur du site vers lequel vous pointiez par un lien hypertexte, la multiplication de ces liens a rendu un tel principe obsolète. Par contre, il existe de nombreux sites qui interdisent les liens hypertextes. Par ailleurs, à moins que vous ne portiez préjudice au droit des tiers (par contrefaçon, concurrence déloyale ou contenus illicites), vous êtes libres d’insérer les liens vers des sites dont l’administrateur n’aurait pas clairement manifesté son opposition.1.
Un document très précis se trouve sur le site juriscom.net. Ecrit par Lionel Thoumyre, dans le cadre du Forum des droits sur l’internet, il précise la législation sur le lien hypertexte et donne des recommandations à destination des différents acteurs.2. En particulier, je relève cette recommandation : “accompagner le pointeur de tout hyperlien des références permettant d’identifier l’appartenance ou la paternité de la ressource liée (nom du site auquel appartient la ressource liée, mention de la
page d’entrée de ce site, nom de l’auteur de la ressource liée etc…)
.”

Donc je ferai attention à ce qui est écrit sur les sites, et je limiterai mes notes de bas de page aux citations et non aux liens hypertextes.3 Par contre je veillerai à suivre cette recommandation qui me semble pertinente.

Les références bibliographiques

J’ai ensuite cherché un document précisant clairement comment devaient être rédigées les références bibliographiques.J’ai trouvé ce document très riche de la revue Texto, La Référence bibliographique : norme et praxis, écrit par Rossitza Kyheng. On y trouve en particulier des explications aussi bien pour les documents papiers que pour les documents numériques et de très nombreux exemples.4
Cela m’intéressait parce que je veux publier des notes de lectures sur ce portfolio. Donc, je me demandais quelles informations il était bon que je mentionne, excepté mes notes bien sûr. J’ai donc repris les catégories mentionnées par l’article : nom du ou des auteurs, titre de l’article, titre de l’ouvrage dont est extrait l’article, statut (en ligne ou papier), lieu et date de publication, ainsi que pour les sites internet l’adresse où le document a été consulté ainsi que sa date de consultation.

Les champs personnalisés

J’ai enfin cherché comment simplifié cette saisie dans WordPress. Je me suis alors penché sur les Champs personnalisés de WordPress. Je savais qu’ils étaient très puissants pour avoir regardé cette vidéo du site de webdesign CSS-tricks.com : Advanced Uses for Custom Fields in WordPress, mais je ne savais pas vraiment comment les utiliser.
J’ai donc cherché des extensions qui me permettrait de me simplifier la vie : j’ai essayé Magic-Fields, More-Fields et Custom-field-template. J’ai finalement utilisé cette dernière qui m’a semblé plus stable.
Après avoir suivi les indications donné par Betty Drevet dans son article La piste des champs personnalisés, j’ai donc maintenant un champ personnalisé qui me permet de remplir rapidement les informations sur les articles ou les livres que j’ai lu.

  1. J’ai trouvé ces informations ont été trouvées sur le site de l’Agence wallone des télécommunications []
  2. On peut trouver ce document sur cette page : http://www.juriscom.net/pro/visu.php?ID=206 []
  3. J’en profite pour préciser que j’utilise l’extension Wp-Footnotes pour faire facilement des notes de bas de page. Il suffit, après avoir installé l’extension, de mettre entre doubles parenthèses ce qu’on veut mettre en note. []
  4. Par exemple, il faudrait citer l’article de Rossitza Kyheng de cette façon : KYHENG, Rossitza. La référence bibliographique : norme et praxis. Texto! Textes et cultures [en ligne], juin 2004, vol. IX, n°2. Disponible sur : . (Consultée le …). []
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La plagiat (2ème partie) : Des activités pédagogiques

Il n’en reste pas moins qu’au delà de la surveillance, il y a matière à des activités pédagogiques pour le professeur de français au lycée.

1. Expliquer en quoi le plagiat pose problème

On peut expliquer dans un premier temps, et ça me semble nécessaire, pourquoi plagier n’est pas bien. Plagier c’est tricher et donc injuste envers les autres. Plagier, c’est voler. Il faut alors discuter de la propriété intellectuelle et de ce que cela signifie de posséder un texte. Plagier c’est se faciliter le travail à la maison. Or celui-ci sert à comprendre et à apprendre. En particulier, pour le français, il ne fait jamais de mal d’expliquer à des lycéens pourquoi écrire est important. Quand je donne un travail à faire à la maison, j’explique certes la tâche à accomplir, mais également ce à quoi ce travail va servir. Il faut donc expliquer le gain futur par rapport à l’effort fourni. De la même façon, on peut expliquer qu’apprendre à ne pas plagier est important pour la suite de leurs études et de leur carrière professionnelle. Enfin, en ce qui concerne la citation des sources, on peut expliquer en quoi citer ses sources, c’est renforcer l’autorité de ce qu’on écrit.
Certains enseignants font signer des contrats de non-plagiat à leurs élèves, de la même façon qu’on fait signer des contrats de classe au collège. Cette formalisation peut avoir un effet symbolique.

Je trouve intéressant, pour le cadre du cours de français, que ces idées fassent appel à la notion d’auteur. Mais j’y reviendrai une autre fois.

2. Apprendre à trouver et utiliser l’information

Le point de départ de tout cet article, c’est cette ressource du Service de bibliothèque de l’UQAM que j’ai découvert dans mon lecteur de flux RSS : Comment éviter le plagiat.1 Je me suis demandé comment je pourrais l’utiliser avec des élèves et ce que je faisais déjà à ce sujet.
Il me semble donc qu’il est nécessaire d’apprendre aux lycéens à :

- Trouver et évaluer les sources d’informations.
En ce qui concerne la recherche d’information, je propose une séance de module en début d’année pour évaluer leurs compétences, leur apprendre à diversifier leurs sources d’information en utilisant les ressources du CDI. On peut également distribuer une fiche comme celle que l’on trouve dans le Manuel de survie à l’usage de l’enseignant de François Muller.2. On trouvera des informations très complètes sur le site de Savoirs CDI, en particulier dans la rubrique Recherche Documentaire.3
En ce qui concerne l’évaluation des informations, je trouve que la liste élaborée par Robert Harris et à laquelle il a donné le nom de CARS (Credibility, Accuracy, Reasonableness, Support ; Crédibilité, Exactitude, caractère Raisonnable, Soutien) est intéressante à exploiter avec des élèves. On trouvera de plus amples explications en lisant cet article : Evaluating Internet Research Sources.
Il faut en particulier, selon moi, apprendre aux élèves à utiliser l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Je trouve que l’utilisation que les étudiants américains font de cette encyclopédie en ligne (d’après cette étude : How today’s college students use Wikipedia for course–related research) rejoint celle que je propose à mes élèves. Je leur conseille de s’en servir pour avoir une idée rapide d’un sujet afin ensuite d’en faire une base pour une recherche plus approfondie.

- Utiliser les informations en apprenant à citer et à paraphraser
Pour éviter le plagiat, il est nécessaire d’apprendre aux élèves à citer et à paraphraser les écrits auxquels ils veulent faire référence. Or, il est évident que depuis la disparition de l’épreuve de résumé-discussion du bac de français, on enseigne nettement moins ces méthodes au lycée.
Distinguons donc deux niveaux de présence du texte d’autrui dans son propre texte :
- la citation : elle fait déjà l’objet d’un apprentissage dans le cours de français dans le cadre du commentaire et texte ou de la dissertation. On pourra également se référer à l’animation d’InfoSphère présentée au début de cette partie.
- la paraphrase : elle consiste, pour reprendre la définition donner sur le site InfoSphère, à “reprendre dans ses propres mots les idées d’un auteur”.4 Il ne s’agit pas de changer quelques mots ici ou là en les remplaçant par des synonymes, mais de “réécrire le passage” en changeant également les “structures de phrases.” Cela suppose que l’élève possède une méthode qu’il faut lui enseigner. Infosphère donne quelques conseils et exemples sur sa page consacrée à la paraphrase.
Il est bien sûr possible de combiner les deux. Enfin, même dans le cas de la paraphrase, il est indispensable de citer la source.
Il s’agit en tout cas d’une manipulation complexe de la langue qui demande un apprentissage spécifique et j’avoue ne pas passer suffisamment de temps à le faire en classe.

- constituer une bibliographie
Sans exiger une précision et des normes universitaires, on peut demander au lycée que soient citées les sources des informations utilisées dans les travaux de recherche. Je donne quelques règles simples : préciser le nom et le prénom de l’auteur, le titre du livre, l’année de publication, l’adresse du site le cas échéant. L’idéal, mais j’avoue ne pas l’avoir fait avec des élèves, serait de leur faire utiliser une bibliographie déjà constituée pour leur montrer à la fois l’utilité de cet outil et ses règles de présentation. Cela dit, j’ai pu constater qu’ils ont l’habitude de se servir au moins des liens à la fin des articles de wikipedia.
Rappelons enfin que réaliser une bibliographie comprenant des documents d’origine numérique est une des compétences à acquérir pour obtenir le B2i lycée.

3. “Les nouvelles technologies nous ont condamnés à être intelligents”, Michel Serres.

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Malgré tout, je pense qu’internet nous force à modifier ce qu’on demande aux élèves. Dean Groom est plutôt radical dans ce qu’il écrit du sens de la morale de l’internet chez les élèves dans la seconde partie de son article Creativity, Curiosity, Consideration, Consistency Part 2 : “Students are by and large not interested in the laws, ethics or morality of the internet. To them the price point is zero and everything is there for the talking. […] They just want to get the ‘best’ or ‘right’ answer and know that they stand a better than average chance of finding it on Wikipedia.”
Mais je suis convaincu qu’il a raison quand il écrit : “Getting the right answers is not as important as asking a better question. The internet has so much information, that pushing students questions into the deepest corners of ‘web knowledge’ is critical – things they won’t find on the first page of Google.”

- Il y a quelques années, j’avais vu passer sur la liste de diffusion Profs-L un message d’un collègue qui étudiait avec ses élèves des corrigés trouvés sur internet pour leur montrer les qualités et surtout les défauts de ce type de devoir. Dans cet article du blog TeachPaperless, Five Ways to stop Cheating, l’auteur propose l’activité suivante à ses élèves :”Having problems with students cutting and pasting from the Internet? Try this: Have students write short essays that are completely cut-and-pasted. Then have them trade essays with classmates. The assignment is to identify where each of the cut-and-pasted parts come from and to give an assessment of the site or page from which each source was stolen.” Je n’ai jamais essayé de telles techniques, parce que je les considère comme extrêmement demandeuses de temps par rapport au résultat lui-même.

- En général, les devoirs écrits que je donne à faire à la maison font partie de l’évaluation formative. S’ils sont évalués, tous ne sont pas notés. De plus, quand ils sont notés, je les fais souvent commencer en classe. Je pense en effet qu’une partie des élèves se tourne vers internet non par simple facilité, mais parce qu’ils sont perdus face à la tâche à accomplir. Commencer le devoir en classe permet de répondre aux premières difficultés. De plus, on sait dans quelle direction se dirige l’élève, ce qui permettra ensuite de comparer ce qu’il a fait en classe avec le devoir qu’il rend. Si, par exemple, un élève a mis au point une problématique pour une dissertation ou un commentaire composé, il devient ensuite plus difficile de recopier un devoir trouver en ligne. A moins que l’élève change de problématique, mais alors on peut lui demander de justifier ce changement.

- Dans l’article Diigo Teacher Accounts, Richard Byrne relate son expérience de l’utilisation de Diigo avec ses élèves. Il constate que grâce à la fonction de surlignage de Diigo, ses élèves ne se contente plus de copier en survolant le texte, mais qu’ils le lisent réellement.6 Même si je ne connais pas bien Diigo, je suis curieux d’essayer pour voir si cela améliore les recherches des élèves.

- J’ai enfin apprécié les activités proposés dans un article des Cahiers Pédagogiques.7 L’auteur, Chantal Dulibine, demande à ses élèves d’écrire un petit texte réflexif au moment où ils rendent leur devoir. On trouvera dans l’article plusieurs exemples de commentaires demandés par le professeur autour des devoirs d’écriture d’invention ou de dissertation, ainsi que quelques exemples de commentaires faits par les élèves.

Dès que j’ai un peu de temps, je mettrai en ligne une récente séquence de cours mettant en oeuvre des éléments de recherche documentaire et un travail sur la plagiat.

  1. Comment éviter le plagiat, service de bibliothèques de l’UQAM, http://www.bibliotheques.uqam.ca/ []
  2. MULLER, François, Manuel de survie à l’usage de l’enseignant, http://francois.muller.free.fr/manuel/index.htm []
  3. Savoirs CDI, CNDP, http://blog.savoirscdi.cndp.fr/ []
  4. Infosphère, Service des Bibliothèques de l’UQAM, http://www.bibliotheques.uqam.ca/InfoSphere/ []
  5. Si vous ne l’avez pas encore vue, je vous invite à regarder cette conférence passionnante de Michel Serres. []
  6. While observing my students using Diigo, I noticed that they were actually reading the site and highlighting the information they wanted to keep. This was different from previous years where they just copied blindly”, Diigo Teacher Accounts, in Free Technology for Teachers, http://www.freetech4teachers.com/2010/02/diigo-teacher-accounts.html []
  7. Les Cahiers Pédagogiques, n°468,décembre 2008, http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article4115 []
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